L’observation de la Terre au service de la sécurité alimentaire

L’assurance contre le risque agricole améliore la résilience des fermes face aux événements météorologiques néfastes tels que les inondations et la sécheresse. Toutefois, les petits fermiers et les communautés rurales, en particulier dans les pays en développement, ne peuvent pas se payer une assurance contre ces risques. Les données d’observation de la Terre peuvent contribuer à l’adoption d’Assurance agricole dans les pays en développement en fournissant des informations plus précises, plus fiables et plus fréquentes sur les effets climatiques.

Chaque année, des événements météorologiques néfastes (sécheresses, précipitations excessives, gel, grêle, tempêtes) peuvent provoquer des pertes considérables chez les fermiers et accentuer ainsi la pauvreté rurale et l’insécurité alimentaire. Ceci est le cas tout particulièrement dans les pays en développement, où la survie de la grande majorité de la population dépend de l’agriculture. Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), au niveau mondial, les catastrophes naturelles ont affecté 2,7 milliards de personnes et provoqué pour 1,3 billion de dollars de dommages entre 2003 et 2013. Le secteur agricole a subi à lui seul 22 % de ces dommages économiques.

L’impact des événements météorologiques néfastes sur l’agriculture, les moyens de subsistance et l’infrastructure menace tous les aspects de la sécurité alimentaire. Ces événements ont une incidence majeure sur la disponibilité de nourriture, car ils réduisent la productivité des récoltes, du bétail et des zones de pêche, et entravent l’accès à la nourriture en perturbant les moyens de subsistance de millions de personnes dans les régions rurales, dont les revenus dépendent de l’agriculture.

Pour faire face aux effets climatiques sur la sécurité alimentaire, certains fermiers, coopératives agricoles et autres acteurs du secteur agroalimentaire prennent des assurances contre le risque agricole pour se départir de l’agriculture de subsistance de base et adopter une approche plus résiliente. Les fermiers et les communautés rurales les plus pauvres ne peuvent toutefois pas se permettre de telles assurances en raison de leur coût.

Pourquoi les assurances contre le risque agricole sont-elles encore si coûteuses?

La valeur des primes d’assurance dépend de la disponibilité d’informations précises, fiables et actualisées sur les risques d’inondation et de sécheresse et leur survenue. Alors que certaines compagnies d’assurances utilisent actuellement des données récoltées par satellite pour alimenter leurs évaluations du risque et connaître la situation après les événements, de nombreuses limitations techniques subsistent, telles que les résolutions spatiales grossières, les mises à jour peu fréquentes, le manque de capacité de prédiction des sécheresses et inondations et une capacité limitée à  vérifier les demandes d’indemnisation. De ce fait, les risques sont considérés comme élevés et les coûts opérationnels des compagnies d’assurance s’en ressentent, ce qui se reflète dans les primes.

Des prévisions plus intelligentes et plus précises peuvent réduire les primes d’assurance

« Des informations geospatiales plus précises, plus fiables et plus fréquemment actualisées sur les situations de sécheresse et d’inondation aideront les compagnies d’assurance à mieux évaluer les risques et les dommages après sinistre, et à pouvoir ainsi mieux gérer et traiter les demandes d’indemnisation », affirme Cédric Seynat, Directeur, Développement d’Affaires, Ingénierie Système au Groupe RHEA.

L’entreprise a récemment lancé un projet, avec des fonds de l’Agence spatiale européenne (ESA), pour étudier dans quelle mesure les services de prédiction et surveillance des sécheresses et inondations dérivés de données d’observation de la Terre par satellite pourraient favoriser l’adoption des assurances agricoles dans les pays en développement, en commençant par l’Ouganda.

En fournissant aux compagnies d’assurances des informations pertinentes et au moment opportun sur les risques de sécheresse et d’inondation, grâce à des technologies satellitaires, telles que les satellites de télédétection du programme européen Copernicus, le projet vise à examiner dans quelle mesure ces données peuvent aider les compagnies à réduire leurs évaluations des risques et leurs coûts opérationnels. Cela pourrait alors diminuer les primes d’assurance, les rendant ainsi plus abordables et moins dépendantes de subventions publiques.

Les fermiers ougandais sont essentiellement de petits exploitants qui ne disposent pas de mécanismes adéquats pour atténuer les risques météorologiques tels que les sécheresses et les inondations. De meilleurs prix permettraient d’augmenter l’adoption de ces assurances par les petits exploitants, les coopératives agricoles ou les autres acteurs du secteur agroalimentaire, ce qui, à son tour, contribuerait à rendre économiquement plus durables les assurances agricoles dans les pays en développement.

« Cela aura aussi un effet positif sur la volonté des institutions financières à investir dans le secteur et à proposer des prêts à des taux d’intérêt abordables auxquels les petits exploitants agricoles pourront faire appel pour financer leur transition d’une agriculture de subsistance à une agriculture plus résiliente. Ce cercle vertueux contribue donc globalement à réduire les préoccupations en matière de sécurité alimentaire»
Cédric Seynat, Directeur, Développement d’Affaires, Ingénierie Système au Groupe RHEA.

Le projet s’inscrit dans le cadre du programme « kick-start activities » de l’ESA, dans la catégorie « sécurité alimentaire ». Ce programme de l’ESA aide l’industrie à explorer la viabilité de nouveaux services utilisant les technologies spatiales et à consolider la compréhension des besoins des utilisateurs finaux de ces services.

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