EVER-EST : la plateforme qui permet une validation croisée des données scientifiques

La plateforme EVER-EST met en relation la communauté des sciences de la Terre en permettant une validation croisée des données entre différents objets de recherche et environnements de recherche virtuels.

EVER-EST offre une plateforme de gestion du cycle de vie des applications opérationnelles et de recherche en sciences de la Terre, fondée sur une utilisation novatrice des objets de recherche. Placé sous la houlette de l’Agence spatiale européenne (ESA), le projet implique quelques-uns des principaux fournisseurs et utilisateurs de données en sciences de la Terre en Europe, dont le Conseil de recherche pour l'environnement naturel (Royaume-Uni), le Centre allemand pour l’aéronautique et l'astronautique, l’Institut national de géophysique et de vulcanologie (Italie), le Conseil national de la recherche (Italie) et le Centre satellitaire de l’Union européenne.

Le projet est financé par le programme H2020 de la Commission européenne pour trois années commençant en octobre 2015. Iolanda Maggio, directrice de projet en conservation à long terme des données pour l’Agence spatiale européenne (ESA), a utilisé la plateforme EVEREST dans le cadre de sa thèse de master en science des données.  L’étude, parrainée par le Groupe RHEA, est un Master annuel organisé par l’Université de Tor Vergata à Rome (Italie).

« La plateforme EVER-EST est organisée comme un environnement de recherche virtuel, permettant aux scientifiques d’utiliser des objets de recherche déjà validés et de créer une validation croisée entre différents objets de recherche et environnements de recherche virtuels. Elle permet la transparence, le partage, la reproductibilité et la responsabilité des résultats de recherche, ce qui est très important pour permettre à la communauté scientifique de créer de nouvelles connaissances », a déclaré Iolanda Maggio.

En plus d’offrir des capacités de calcul et de traitement, l’infrastructure de la plateforme permet d’accéder à différents catalogues en sciences de la Terre, en particulier concernant les données d’observation terrestre. Les ensembles de données sont accessibles par l'entremise de la plateforme mais aussi sous la forme d’un cube de données, permettant de choisir un pixel ou un polygone sur une carte pour obtenir des séries de données temporelles appropriées.

« La plateforme EVER-EST permet la transparence, le partage, la reproductibilité et la responsabilité des résultats de recherche, ce qui est très important pour permettre à la communauté scientifique de créer de nouvelles connaissances».
Iolanda Maggio
Directrice de projet en conservation à long terme des données pour l’Agence spatiale européenne (ESA).

Les graphiques, modèles statistiques et flux de travail peuvent être chargés et exécutés sur la plateforme EVEREST et partagés avec la communauté. « Les informations peuvent être réutilisées et reproduites dans différents environnements de travail par d’autres utilisateurs. L’objet de recherche résultant est ensuite validé au niveau du contenu des attributs compilés et un DOI (identifiant numérique d'objet) est appliqué pour la citation », explique Iolanda Maggio.

Grâce à cette approche, une nouvelle application peut être intégrée à l’aide de machines virtuelles et exécutée sur des infrastructures cloud privées ou commerciales partagées. « Ce type d’approche est essentiel pour permettre l’adaptation et la personnalisation, deux aspects dont ont spécifiquement besoin les travaux de master », a-t-elle ajouté.

Ever-est

Fertilisation croisée

La plateforme s’adresse actuellement aux communautés axées la surveillance des océans, les risques naturels, la surveillance terrestre et la gestion des risques. Elle a été récemment utilisée dans une étude tentant d’identifier des corrélations entre une carte d’anomalies détectées en mer Méditerranée et la quantification de composants déterministes et stochastiques du changement environnemental donnant lieu à la prolifération d’espèces maritimes : en l’occurrence, la méduse.

 « L’étude a été un bon exemple de travail conjoint entre deux communautés qui n’étaient pas strictement connectées auparavant : les chercheurs en observation terrestre et les biologistes marins. L’adoption de l’infrastructure EVER-EST en tant qu’environnement de travail a facilité l’utilisation commune d’objets de recherche entre ces deux groupes. », a conclu Iolanda Maggio.

Le résultat final a été représenté de manière graphique à l’aide d’un système d’informations géographiques EVER-EST couvrant toutes les informations produites par les deux études.

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