Gaia cartographie 1,7 milliard d’étoiles

La mission Gaia de l’Agence spatiale européenne (ESA) a permis de produire la carte des étoiles la plus riche et la plus détaillée jamais publiée. Basé sur 22 mois d’observations, le nouveau catalogue inclut la position, le mouvement, la luminosité et la couleur de près de 1,7 milliard d’étoiles.

Le deuxième lot de données amassées par Gaia est devenue publique le 25 avril. Le catalogue inclut la luminosité et l’emplacement dans le ciel 2D de 1,7 milliard d’étoiles, mesure la distance et le déplacement de 1,3 milliard d’entre elles, et la couleur d’environ 1,4 milliard. Il mesure également la température de surface, le rayon, la luminosité et la vitesse radiale d’environ 14 000 autres objets présents dans le système solaire.

En suivant les mouvements et positions d’un si grand nombre d’étoiles, Gaia dévoile non seulement de nouveaux détails sur les bras spiraux et autres structures de notre galaxie, mais elle ouvre aussi une fenêtre sur des périodes précédemment cachées de l’histoire de la Voie lactée.

En y ajoutant les données initialement publiées en 2016, nous pouvons désormais, par exemple, déterminer la couleur et la luminosité de plus de 4 millions d’étoiles dans un rayon de 5 000 années-lumière de la Terre. Avec ces informations, les astronomes peuvent observer les caractéristiques des étoiles à tous les stades de leur vie, depuis la fusion initiale, en passant par leur séquence principale, jusqu’à la période où elles deviennent des géantes et à leurs années de déclin en tant que naines blanches. Ces données permettront aux astronomes de mieux comprendre le cycle de vie des étoiles.

Les mesures pourraient aussi aider les astronomes à prédire exactement où, dans la galaxie, se trouve la matière noire, cette substance inconnue, invisible qui constituerait la plus grande partie de la matière de l’univers. Gaia a détecté près de 5 000 objets pouvant être suivis par des télescopes au sol avant leur disparition. La plupart de ces objets sont des supernovas, des étoiles qui implosent, ce qui pourrait aider à révéler la nature de l’énergie noire qui provoque l’accélération de l’expansion de l’univers.

Lancée en 2013, la mission Gaia balaie depuis lors le ciel de ces deux télescopes, afin d’expliquer comment notre Voie lactée s’est formée et a évolué. Le satellite contient deux télescopes et d’autres instruments, dont des caméras de près d’un milliard de pixels.

Les premières données de Gaia publiées en 2016 fournissaient les distances d’environ deux millions d’étoiles, mais n’incluaient aucune vitesse radiale. À la différence du télescope Hubble de la NASA, qui prend des images du ciel, Gaia mesure la distance, le mouvement, la luminosité et la couleur des étoiles. Ces données sont ensuite traitées par des centaines de scientifiques et d’ingénieurs logiciels pour produire des cartes des astéroïdes présents dans notre système solaire et un atlas 3D des étoiles proches.

Le prochain lot de données de Gaia sera publié en 2020. Celui-ci devrait augmenter le nombre d’étoiles dont la vitesse radiale est connue, qui passerait de sept millions actuellement à quelque 30 millions.

 

LE FUTUR DE L'EXPLORATION SPATIALE