La première mission européenne vers Mercure prête à être lancée le 20 octobre

BepiColombo permettra aux scientifiques de mieux comprendre la formation et l’évolution du système solaire. Le lancement de la mission est prévu le 20 octobre 2018 à bord d'une fusée Ariane 5 à partir du port spatial européen de Kourou (Guyane française).

BepiColombo est la première mission européenne vers Mercure, la planète la plus petite et la moins explorée du système solaire interne. La mission s’appuiera sur les enseignements de la sonde Messenger de la NASA, qui a tourné en orbite autour de la planète entre 2011 et 2015 et semble avoir soulevé davantage de questions qu’elle n’a apporté de réponses. 

En raison de sa petite taille, les scientifiques pensaient que le noyau de fer de Mercure se serait refroidi et solidifié, contrairement à celui de la Terre. Cependant, des mesures prises par Messenger ont révélé que la planète possède un champ magnétique, ce qui révèle un intérieur liquide. BepiColombo prendra des mesures qui devraient révéler plus en détail la structure interne de la planète.

L’engin spatial examinera également les régions polaires de la planète afin d’identifier la présence éventuelle de glace dans les cratères de Mercure qui sont en permanence à l’ombre. Une mesure exacte de la composition chimique de la glace pourrait aider à en déterminer les origines. Une des théories que l’engin spatial tentera de résoudre est de savoir si la glace provient de comètes qui ont frappé la surface de la planète.

Une mission conjointe ESA-JAXA vers Mercure

Pour faire face aux températures extrêmes, BepiColombo compte sur des antennes, des panneaux solaires, des capteurs solaires et une isolation multicouche et est protégée par des couches extérieures résistantes aux températures et des revêtements protecteurs. Tous ont subi des tests approfondis au centre européen de recherche et de technologie spatiales (ESTEC) pour s’assurer qu’ils peuvent résister aux secousses violentes du lancement, aux rayonnements intenses de l’espace et aux températures élevées qu’ils rencontreront à proximité du Soleil lors de leur rotation autour de Mercure. Près de 70 % de la technologie requise pour la mission ont dû être développés à partant de zéro. Pour relever ces défis, l’Agence spatiale européenne (ESA) s’est alliée à l’Agence d’exploration aérospatiale japonaise (JAXA).

La mission se compose de deux sondes orbitales scientifiques : Mercury Planetary Orbiter (MPO) de l’ESA et Mercury Magnetospheric Orbiter de JAXA (MMO). La sonde orbitale européenne transporte onze instruments et la sonde japonaise, cinq ; tous ces instruments sont spécialement conçus pour explorer la surface criblée de cratères de Mercure, son magnétisme énigmatique et sa très fine couche atmosphérique primitive.

Un voyage de 7 ans

L'un des grands défis de la mission est l'énorme gravité du Soleil, qui rend difficile la mise en orbite stable d'un engin spatial autour de Mercure : il faut encore plus d'énergie que pour envoyer une mission vers Pluton.

Après le lancement, BepiColombo doit constamment freiner pour résister à l'attraction gravitationnelle du Soleil. Une fois lancé, l’engin spatial mettra 7,2 ans pour effectuer le voyage. La longueur de ce voyage s’explique non pas par la grande distance jusqu’à Mercure, mais parce que l’engin spatial doit aller suffisamment lentement pour entrer dans une orbite stable. C’est un problème spécifique à Mercure et à son atmosphère extrêmement fine.

Pour ce faire, BepiColombo effectuera une série savamment orchestrée de survols destinés à le ralentir (un autour de la Terre, deux autour de Vénus et six autour de Mercure).

Regardez le lancement de BepiColombo en direct

Regardez le lancement en direct le 20 octobre à partir de 03:15 CEST via la webdiffusion de l'ESA

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