Posted 5 décembre 2019 in Blog, Espace.

L’Agence spatiale européenne (ESA) est en train d’élaborer une future mission européenne qui mettrait en place un système d’alerte précoce pour les phénomènes météorologiques spatiaux dommageables.

Le Soleil expulse de temps à autre des milliards de tonnes de matière entremêlée de champs magnétiques. Ces immenses nuages de matière passent généralement à côté de la Terre, mais si l’un d’eux nous frappe, il peut perturber la bulle magnétique protectrice de la Terre et son atmosphère supérieure, ce qui a notamment comme effet d’affecter les satellites en orbite, la navigation, les réseaux électriques terrestres et les réseaux de données et de communication.

La météorologie spatiale a déjà endommagé des infrastructures critiques par le passé: en 1989, toute la province de Québec, au Canada, a subi une panne d’électricité de neuf heures à la suite d’une tempête solaire, laissant six millions de personnes sans électricité.

Une récente étude de l’ESA a estimé que l’impact socio-économique potentiel d’un seul événement météorologique spatial en Europe pouvait se chiffrer à 15 milliards d’euros. Cependant, une bonne partie de ces perturbations pourrait être évitée avec des prévisions précises. La nouvelle mission de concept de l’ESA fournirait des données pour des applications opérationnelles, telles que des prévisions classiques et des prévisions à très court terme de l’activité solaire. Celles-ci font partie du Réseau de Services de Météorologie spatiale de l’ESA, qui diffuserait des avertissements et des alertes aux clients scientifiques, commerciaux et civils lorsque l’activité solaire pose un risque pour des activités civils et économiques critiques.

Une éruption solaire massive capturée par l'observatoire de la dynamique solaire de la NASA (Credit : NASA/SDO)

La première mission vers L5

Le concept de mission lancé par l’ESA viserait à fournir un aperçu de ces événements potentiellement dommageables en plaçant un engin d’observation au cinquième point de Lagrange (L5), qui se situe à 60 degrés derrière l’orbite solaire de la Terre. Ce serait la première tentative jamais effectuée d’envoyer une mission vers L5. Un engin spatial placé à ce point serait effectivement capable de surveiller le soleil de côté et de détecter une activité solaire dangereuse avant que cette hémisphère du soleil se présente à la vue.

Quatre consortiums industriels et scientifiques européens développeront des concepts pour l’envoi de cette mission. En fonction des résultats de la proposition de l’ESA, un concept final sera choisi pour être construit dans les 18 prochains mois.